L'élite en Russie du XIXe siècle à nos jours

Documentation complémentaire : 

Le schisme (Раскол)

 

En 1666, suite à la rupture entre le tsar Alexis et le patriarche Nikon, une partie de la population refusera la réforme de certains rites religieux proposée par ce dernier. Partisans de la vieille foi ou des vieux rites, les "vieux-croyants" (староверы) s'installeront dans une opposition totale s'isolant dans un mouvement considéré comme sectaire et qui sera persécuté.

Réfugiés dans le Nord de la Russie, ils seront à l'origine d'un paradoxe remarqué par H. Carrère d'Encausse dans son livre "la Russie inachevée", Fayard, 2000.
"Les défenseurs fanatiques de l'immobilisme en matière de foi se montreront d'extraordinaires modernisateurs dans la sphère économique à laquelle ils donneront une remarquable impulsion. Au tournant du XXe siècle, les grands marchands russes qui se porteront acquéreurs des chefs-d'œuvre de l'impressionnisme seront les descendants des héros du Raskol."

C'est sous le règne du tsar Alexis que se produit une première ouverture de la Russie vers l'Europe occidentale. Toujours selon H. Carrère d'Encausse : "Au contact de ces hommes venus de l'Ouest, l'élite moscovite changeait. Elle apprenait à fumer ou à priser alors que l'église prohibait l'usage du tabac. On commençait à tailler les barbes et à raccourcir les cheveux, voire même, parfois, à porter des vêtements inspirés de la mode européenne. Cette influence ne dépassait certes pas Moscou et une ou deux villes à la grande réputation d'ouverture ; elle restait bien sûr limitée aux élites, tandis que la masse russe s'effarouchait des ces mœurs "hérétiques"".

Le fossé entre les cultures de la masse et de l'élite est une réalité que nous retrouverons au cours des siècles jusqu'à nos jours.