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B. CIERZNIAK,  Mise à jour : 26-01-2002

L'élite en Russie du XIXe siècle à nos jours

 

Époque soviétique : 75 ans d'Utopie au pouvoir 

 

 

Année 1917 et la décomposition de l'empire 

C'est pendant la révolution de 1905 que voit le jour à Alapaïevsk le premier soviet (совет) - conseil d'ouvriers et de paysans. Il sera suivi par d'autres, grâce à l'augmentation du nombre d'ouvriers du fait de l'important essor économique des années 1906-1914. S'y ajouteront des soviets des soldats avec la mobilisation de 1914. Les soviets existent parallèlement au système des partis et indépendamment de ces derniers. Les bolcheviks y seront minoritaires jusqu'en octobre 1917. 

Comme la masse da la population, le tsar n'était pas favorable à la guerre. Il a cédé aux pressions des tendances militaristes, impérialistes et nationalistes. Les premières défaites et les années de guerre défensive ont révélé l'insuffisance de l'économie russe malgré ses progrès récents importants. Les sociaux-démocrates militaient contre la guerre et c'était également la tendance dans les soviets. Lénine, qui a passé les années de la guerre en exil en Suisse, désirait la défaite de la Russie, escomptant que celle-ci précipiterait la chute de la monarchie. 

Il faut noter que la famille impériale, de plus en plus déconnectée des réalités du moment, ne fait rien pour se rendre populaire. En septembre 1915 Nicolas II prend en main le commandement suprême des armées engageant ainsi sa responsabilité personnelle en cas de revers. Il n'avait que le grade de colonel, il n'avait jusque là jamais exercé de commandement et n'était pas au fait de la science militaire moderne. Le plus souvent il se trouve à Moghilev, loin de la capitale et des affaires de l'État. Communiquant par télégramme avec ses ministres et sa famille, il ne se rend pas compte de l'exaspération unanime que provoque la présence à la cour du paysan-guérisseur et dépravé, Raspoutine, qui depuis plusieurs années, sous prétexte d'aider le tsarévitch Alexeï malade, se mêle de plus en plus souvent de politique en influençant l'impératrice par ses conseils et ses prophéties.

Au sommet de l'État, ni le tsar, ni les nombreux ministres qui se succèdent, ne voient pas la lassitude de la population et ne croient pas à la possibilité d'une révolte des masses populaires. Tous sont pris au dépourvu, lorsque commencent les premiers troubles que l'on appelle " la révolution de février", causée par la désorganisation de l'économie, la famine dans la capitale et la présence de nombreuses recrues issues de la paysannerie et non encore formées à la discipline de l'armée.

Chronologie des événements (les dates selon le calendrier grégorien ; pour obtenir la date selon le calendrier julien en vigueur à l'époque en Russie, soustraire 13 jours) :

 

 

17.12.1916 Le meurtre extravagant de Raspoutine par le grand-duc Dimitri, cousin germain du tsar, le prince Youssoupov, marié à une nièce du tsar, et Pourichkévitch, un  député d'extrême droite .

22.01.1917

Grève de 50 000 ouvriers pour commémorer le "dimanche sanglant de 1905.
 18.02.1917 Une région militaire spéciale est créée à Petrograd pour prévenir les désordres.
27.02.1917 A la Douma les députés réclament le limogeage de ministres incapables. 80 000 grévistes à Petrograd.  Le pain manque.
08.03.1917 Manifestation à l'occasion de la Journée de la femme.
09.03.1917 Les confrontations entre les manifestants et les forces de l'ordre. Les cosaques ne se décident pas à tirer.
 10.03.1917 Grève générale à Petrograd. Par télégramme depuis le théâtre de la guerre Nicolas II donne l'ordre de "faire cesser immédiatement les désordres dans la capitale". Le lendemain les soldats tirent : 150 morts.
13.03.1917 Sortie du premier numéro des "Izvestia du soviet de Petrograd", accélérant la création des soviets dans tous le pays.
14.03.1917 Dans son Décret N°1 (Приказ № 1) largement diffusé, le soviet de Petrograd appelle les soldats à créer des comités dans les unités, prenant ainsi le contrôle de l'armée. Ce document aurait été imprimé en Allemagne.
15.03.1917  Formation du Gouvernement provisoire. A Pskov Nicolas II signe l'acte d'abdication en son nom et au nom de son fils Alexeï en faveur de son frère Mikhaïl. Le lendemain ce dernier refuse la couronne.
19.03.1917 Le Gouvernement provisoire présente son programme : amnistie, convocation d'une Assemblée Constituante, garantie des libertés politiques, poursuite de la guerre.
21.03.1917 La famille impériale est arrêtée à Petrograd par le général Kornilov et à Moghilev, le général Alexeïev annonce l'arrestation de Nicolas II. Les biens de la famille impériale seront confisqués sous quelques jours.
 22.03.1917 Les USA reconnaissent le Gouvernement provisoire, suivis immédiatement par la France, la Grande-Bretagne et l'Italie.
25.03.1917 Abolition de la peine de mort.
30.03.1917 Le Gouvernement provisoire reconnaît à la Pologne le droit à l'indépendance après avoir remis en vigueur la constitution de la Finlande.
11.04.1917 La Conférence pan-russe des soviets avec l'élection d'un Comité central composé de mencheviks et de SR (sociaux-révolutionnaires). 
16.04.1917 Lénine rentre d'exil. Le lendemain il prononcera ses célèbres "Thèses d'avril".
01.05.1917 Manifestations des travailleurs avec des slogans contre la guerre.
03,05,1917 Les bolcheviks commencent à former les Gardes rouges.
04.05.1917 Suite aux nombreux cas d'appropriation illégale de la terre par les paysans le Gouvernement provisoire crée le Comité agraire pour préparer la réforme tout en insistant sur la nécessité d'attendre les lois de la future Constituante.
12.05.1917 Le ministre de la guerre démissionne à cause de l'insoumission totale de l'armée.
14.05.1917 Le Gouvernement provisoire et le Soviet se mettent d'accord pour former un Gouvernement de coalition qui verra le jour le 18 mai.
17.05.1917 Le retour d'exil de Trotski.
18.05.1917 Dès sa formation, le Gouvernement de coalition se prononce pour la paix.
20-25.05.1917 La Conférence des mencheviks.
03-24.06.1917 Premier congrès des Soviets. Tous se prononcent pour la formation d'un nouveau Gouvernement de coalition, excepté Lénine, qui affirme que les bolcheviks sont prêts à assumer seuls le pouvoir.
01-17.07.1917 Offensive en Ukraine. Contre-offensive et occupation de la Galicie par les forces allemandes. En Russie, à l'initiative des bolcheviks, manifestations contre la guerre, nombreux cas de désertion. Début de la répression contre les bolcheviks. Lénine s'enfuit en Finlande.
21.07.1917 Nouveau Cabinet formé par Kerenski.
25.07.1917 Rétablissement de la peine de mort au front. La situation économique du pays ne cesse de se dégrader. 
25.08.1917 Le général Kornilov, chef des armées, exige le rétablissement de la discipline. Les allemands menacent Petrograd.
07.09.1917 Kornilov envoie des troupes à Petrograd pour prévenir des actions possibles des bolcheviks. Les unités sont stoppées par les ouvriers, les cheminots et les matelots qui défendent la capitale.
12.09.1917 Kerenski écarte Kornilov et devient chef des armées.
14.09.1917 Proclamation de la République. Kerenski forme un directoire de 4 membres qui se charge des affaires du pays en attendant la formation d'un nouveau gouvernement. Kornilov est arrêté. 
22.09.1917 Les bolcheviks prennent le contrôle du Soviet de Petrograd présidé par Trotski.
26.09.1917 Lénine appelle au soulèvement armé dans des lettres adressées au Comité central.
08.10.1917 Kerenski forme le troisième Gouvernement de coalition.
12.10.1917 Ouverture du parlement (предпарламент). Les bolcheviks s'en vont dès la première séance. Lénine rentre secrètement à Petrograd.
23.10.1917 Lors d'une session clandestine du Comité central Lénine obtient par 10 voix contre 2 la décision en faveur d'un soulèvement armé.
25.10.1917 Création du Comité révolutionnaire de guerre pour organiser la défense de la ville contre les forces allemandes. Trotski le transforme en état major de la préparation de l'insurrection.
04.11.1917 Le Comité révolutionnaire de guerre déclare que seules ses décrets ont force de loi.
06.11.1917 Rupture définitive entre le Soviet et le Gouvernement provisoire qui met sous scellés les imprimeries des journaux bolcheviks et appelle à l'aide les troupes qui lui sont restées fidèles. En face, les gardes rouges, les matelots et les soldats passés du côté des bolcheviks, commandés depuis le bâtiment de l'Institut Smolny. Dans la nuit du 6 au 7 novembre (24-25 octobre selon le calendrier julien) les insurgés investissent sans grande difficulté les points stratégiques de la ville excepté le Palais d'Hiver.
07.11.1917 Le Gouvernement provisoire est chassé, le Comité révolutionnaire de guerre prend le pouvoir au nom du Soviet.
08.11.1917 Décret sur la Paix : proposition pour les belligérants de cesser immédiatement le conflit.
Décret sur la Terre : les terres sont confisquées aux propriétaires sans aucune contre-partie et mises à la disposition des soviets locaux pour être distribuées aux paysans. Dans de nombreux cas il ne fait qu'entériner les faits.
10.11.1917 Interdiction des publications contre-révolutionnaires. 
14.11.1917 Le Comité central du parti des bolcheviks rompt les négociations qui étaient menées en vue de former un nouveau gouvernement de coalition avec des représentants des autres partis socialistes.  
Les bolcheviks persuadent les troupes appelées par le Gouvernement provisoire de passer de leur côté. Kerenski prend la fuite.
Les Soviets prennent le pouvoir dans de nombreuses villes en Russie.
15.11.1917 "Déclaration des droits des peuples de Russie", droits qui vont jusqu'à l'autodétermination et la séparation.
17.11.1917 Pour protester contre le refus des bolcheviks de former un gouvernement de coalition, plusieurs membres quittent le Comité central (Kamenev, Zinoviev, Rykov) qui reviendront cependant très vite.
20.11.1917 La ration de pain à Petrograd tombe à 150 g. 
21.11.1917 Trotski devenu Commissaire du Peuple aux affaires étrangères fait des propositions de paix. 
25.11.1917 Les élections de la Constituante : S-R - 58%, bolcheviks - 25%, cadets et autres partis "bourgeois" - 13%. Cependant les bolcheviks obtiennent la majorité à Petrograd, à Moscou et dans les unités sur le front Nord et Ouest.
27.11.1917

fin novembre 1917 

Le commandement allemand accepte de commencer les pourparlers de paix qui commenceront à Brest-Litovsk le 3 décembre.

Les premières unités militaires contre-révolutionnaires se forment.

03.12.1917 Appel de Lénine et Staline aux musulmans de la Russie pour lutter contre toutes les formes d'oppression.
11.12.1917 Arrestation des dirigeants du parti des cadets accusés de de préparer la guerre civile. Les députés cadets seront chassés de la Constituante.
20.12.1917  Création de la police politique, la "vétchéka"  (ВЧК Всероссийская чрезвычайная комиссия по борьбе с саботажем и контрреволюцией).
22.12.1917 Débute la Conférence de paix de Brest-Litovsk.
26.12.1917 La "Pravda" publie les thèses de Lénine selon lesquelles l'Assemblée Constituante doit se soumettre au pouvoir soviétique 
27.12.1917 Nationalisation des banques, puis des grandes entreprises métallurgiques.
 28.01.1918 Création de l'Armée Rouge. L'organisation est confiée à L. Trotski. 
(31.01.1918) 14.02.1918 Adoption du calendrier grégorien alignant la Russie sur le reste de l'Europe.
19.02.1918 Loi sur la distribution de la terre aux paysans. 25 millions de parcelles de 5 ha seront la cause d'une mauvaise productivité, insuffisante pour approvisionner la population urbaine. Très rapidement commencera la collectivisation et la création des premiers sovkhozes.
03.03.1918 Signature du Traité de Paix à Brest-Litovsk. La Russie perd la Pologne, la Finlande, les Pays Baltes, l'Ukraine, une partie de la Biélorussie et la Transcaucasie. Cela représente la perte de 1/4 de la population, 1/4 des terres cultivées, 3/4 de l'industrie minière et métallurgique.
12.03.1918 Moscou redevient capitale.
29.05.1918 Mobilisation générale dans l'Armée Rouge.
16.07.1918 Assassinat à Ekaterinbourg de toute la famille impériale.
02.08.1918 Toutes les personnes ayant atteint l'âge de 16 ans ont le droit d'entrer dans les établissements d'enseignement supérieur. 
18.08.1918 Tous les journaux "bourgeois" sont interdits.
20.08.1918 Réquisition de toutes les maisons d'habitation : création des appartements communautaires (коммуналка) qui subsisteront jusqu'en 1991 et au-delà.
05.09.1918 Décret sur la "terreur rouge". 
10.10.1918 La réforme de l'orthographe.
26.12.1919 Décret sur la liquidation de l'analphabétisme.
29.01.1920 Décret sur le travail obligatoire.
29.11.1920 Nationalisation de toutes les petites entreprises de plus de 4 salariés.
10.12.1920 Décision du Comité Central sur le Proletkult : la main-mise du parti communiste sur la culture.
déc. 1920 Le cours du rouble a été divisé par 13 000 par rapport à 1913.
1921 Famine et instauration de la NEP, nouvelle politique économique.
30.12.1922. Création de l'URSS.

  Dès la fin de 1917 nombreuses régions de la Russie déclarent leur indépendance et créent des républiques socialistes soviétiques. Au cours de la guerre civile qui va de 1918 à 1920 puis durant les premières années de la NEP elles vont rejoindre, volontairement ou "aidées" par l'Armée Rouge, la République socialiste fédérative soviétique de la Russie (RSFSR) et formeront le 30 décembre 1922 l'Union des Républiques Socialistes Soviétiques (URSS) (СССР - Союз Социалистических Советских Республик). Celle-ci cèdera la place à la Fédération de Russie (Российская Федерация) le 8 décembre 1991.

On considère qu'entre1914 et 1920 le pays a perdu dans la guerre étrangère 4 millions de morts, 1 million dans la guerre civile, 7 millions et demi de victimes civiles, au total 12 millions et demi de disparus, soit 8% de la population de 1913.

 

 

 

 

Comment réagissent les élites à la Révolution bolchevique ?

 Aux disparus, il faut ajouter 2 millions (3 millions selon les sources) de personnes qui vont quitter le pays, constituant ce qu'on appelle la "première vague" de l'émigration. En effet, M. Heller citant Engels - "Les peuples qui se vantaient d'avoir accompli une révolution découvraient toujours le lendemain qu'ils n'avaient eu aucune idée de ce qui s'était passé, que la révolution accomplie n'avait rien à voir avec celle qu'ils désiraient" - commente : "Les premiers à découvrir cette vérité (le lendemain même), furent les intellectuels russes. Pendant plus d'un siècle, ils avaient vécu de la révolution, les la désiraient, ils travaillaient pour elle. Plus la monarchie devenait faible, plus ils étaient actifs. (...) La révolution de Février, qui avait apporté les libertés, et donné une voix au "grand muet" (le peuple russe), leur parut tout d'abord une réalisation de leurs rêves. Mais le peuple ressemblait fort peu à l'icône qu'il fallait adorer et le gouvernement provisoire aux mains des intellectuels, ne se représentait pas clairement ce qu'il allait faire du pouvoir". 

Lénine, lui, le savait : il fallait le garder à tout prix. Les grèves de protestation contre la prise du pouvoir par les soviets (grèves suivies par les fonctionnaires, les employés municipaux, les employés des transports, des centrales électriques, médecins, infirmières, pharmaciens, instituteurs et professeurs de l'enseignement supérieurs) furent appelés "sabotages". D'où la création de la sinistre "vétchéka" dès décembre 1917. Au printemps 1918 se produit également un soulèvement des paysans. Les arrestations sont nombreuses et dès août 1918 dans un télégramme Lénine utilise le terme de "camps de concentration" (A. Soljenitsyne, Archipel Goulag, tome 2). 

On estime que 350 000 membres de l'aristocratie ou de la bourgeoisie périssent pendant la guerre civile. En 1921-22 les bolcheviks victorieux laissent s'exiler ceux qui le souhaitent et même renvoient de force nombre de personnes, principalement membres d'autres partis politiques d'avant la révolution.

Tous ceux qui le peuvent, quittent le pays : de l'extrême droite à l'extrême gauche socialiste-révolutionnaire. Ce sont les aristocrates, les militaires résistants, les professeurs, les écrivains, les artistes et ingénieurs, les hommes politiques, les anciens propriétaires, les industriels, les journalistes, les avocats, tous ceux dont l'élimination avait été promise par Lénine afin qu'il ne reste qu'une classe unique : le prolétariat. Jusqu'au milieu des années 20 c'est Berlin qui est le plus grand centre culturel de l'émigration russe : on y comptait pas moins de 40 maisons d'édition russes, trois quotidiens et des revues, reflétant la richesse du débat philosophique et culturel. Puis ce sera Paris, qui comptait de nombreuses organisations politiques et culturelles. 

Jusqu'en 1924 il y a des contacts entre les intellectuels émigrés et ceux qui sont restés au pays par conviction ou par nécessité. Ces contacts seront interdits avec l'arrivée au pouvoir de Staline.  On estime qu'un tiers des officiers le l'armée impériale qui ont survécu à la guerre, rejoindront l'armée rouge et participeront à la formation des nouveaux cadres. La classe sociale qui donne le moins d'expatriés, c'est le clergé : 10% des évêques et 0,5% de prêtres seulement émigrent. 

Parmi les artistes et écrivains, nombreux sont ceux qui, sans être engagés politiquement aux côtés des bolcheviks, veulent accompagner le nouveau régime. On les appelle, selon le mot de Trotski de 1923, "les compagnons de route" (попутчики) : Gorki, Blok, Maïakovski, Boulgakov, Essenine et d'autres.  C'est ainsi que les premières années après la révolution seront riches en créations et innovations dans la littérature, le théâtre, la peinture. Mais très rapidement le régime souhaite la mise en place d'une culture prolétarienne et restreint les libertés de créer. M Gorki, restera toujours l'écrivain-phare de la révolution, mais passera plusieurs années à l'étranger, soi-disant pour les problèmes de santé. A. Blok n'aura pas cette chance : malade pendant des mois, il mourra pratiquement de faim en 1921, n'ayant jamais reçu l'autorisation de partir. Le poète Essenine se suicidera en 1925, Maïakovski en 1930. Pasternak écrira "pour le tiroir" (в ящик) jusqu'en 1957, année de la publication en Occident de son célèbre roman le Docteur Jivago.

 

 

 

 

Les élites soviétiques 

Le régime soviétique 

Dans son essai Comment la Russie a pensé au peuple, paru en 1978, A. Besançon écrit : "Depuis 1917 un débat s'est ouvert qui n'est pas tranché. Le peuple, sous le nouveau régime, est-il victime de l'intelligentsia ou bien au contraire est-ce l'intelligentsia qui a été victime du peuple ? (...) Le problème est mal posé. Peuple et intelligentsia sont tombés ensemble sous la coupe de quelque chose qui n'est ni populaire, ni intellectuel, ni national, ni international et qui prend ses repères hors de la réalité commune : le pouvoir idéologique. Celui-ci a beau jouer des oppositions entre le peuple et l'intelligentsia tout en prétendant représenter l'un et l'autre : il est ailleurs."

Ce pouvoir, que A. Besançon appelle idéocratie, Cz. Milosz - logocratie, a élaboré pour se maintenir et prospérer un système que R. Aron a appelé totalitarisme et dont il a défini les caractéristiques en 1965 dans Démocratie et totalitarisme

"1) La dévolution à un parti du monopole de l'activité politique. 

2) Lequel parti est animé d'une idéologie qui devient, parce qu'il lui confère une autorité absolue, la vérité officielle de l'État

3) Pour répandre cette vérité, l'État se réserve le monopole des moyens de force et celui des moyens de persuasion.

4) La plupart des activités économiques et professionnelles sont soumises à l'État et deviennent d'une certaine façon partie de l'État lui-même.

5) Tout étant désormais activité d'État et toute activité étant soumise à l'idéologie, une faute commise dans une activité économique ou professionnelle est simultanément une faute idéologique."

Les fautes idéologiques seront corrigées et punies au sein de l'extraordinaire système répressif connu sous le nom de goulag, d'après l'Archipel du Goulag, titre du roman d'A. Soljenitsyne. C'est dans ce système que se réalisera enfin le contact entre les élites et le peuple.  

 

Les dirigeants de l'URSS

 

1917-1924 Lénine Владимир Ильич Ленин (1870-1924)
1924-1953 Staline Иосиф Виссарионович Джугашвили (Сталин) (1879-1952)
1953-1964 Khrouchtchev Никита Сергеевич Хрущёв (1894 - 1971)
1964-1982 Brejnev Леонид Ильич Брежнев (1906-1982)
1982-1984 Andropov Юрий Владимирович Андропов (1914-1984)
1984-1985 Tchernenko Константин Устинович Черненко (1911-1985)
1985-1991 Gorbatchev Михахи Сергеевич Горбачёв (1931)

 

Nomenclatura

Ce mot latin a en russe deux sens. Il désigne, comme en français, la "liste méthodique des objet, des éléments d'une collection". A l'époque soviétique ce mot a pris un sens bien particulier : "liste des fonctions dirigeantes, la nomination auxquelles était décidée (en URSS et quelques autres pays) par les organes du parti ; la couche sociale ainsi formée". (Universalnaïa encyclopedia http://mega.km.ru/)

Ayant pris le pouvoir en novembre 1917, les bolcheviks ont à assurer le contrôle de tout le pays complètement désorganisé sur tous les plans. Les administrations qui ne leurs sont pas favorables, en particulier les municipalités qui assurent le quotidien, disparaissent, les fonctionnaires quittent leurs postes. Abandonnant les petites fonctions aux anciens personnels réquisitionnés, les bolcheviks gardent les fonctions importantes. C'est ainsi que dès le début, Parti, Gouvernement et Administration se confondent. Pas assez nombreux au départ, le parti vainqueur attire et les inscriptions se multiplient : 250 000 nouvelles cartes en 1918. Ces néophytes, issus principalement du milieu ouvrier, sont peu instruits et peu aptes à occuper des fonctions importantes. Ils ignorent tout du marxisme et on rédige à leur intention un A.B.C. du Communisme où ils trouvent les rudiments indispensables. En pratique, c'est la fidélité aux ordres du parti qui remplace les connaissances et les compétences. 

Durant la guerre civile le parti se militarise, se hiérarchise. L'idée se répand que les militants constituent une élite et que l'obtention de la carte est un honneur. En 1919, 100 000 militants sont renvoyés, car jugés indignes d'être communistes. Puis, dans l'euphorie des succès de la guerre civile, on ouvre les rangs et l'année 1920 enregistre 650 000 de nouveaux inscrits. Dès ce moment on peut parler d'un "Parti de classe", mais en même temps on observe deux groupes : les apparatchik (аппаратчики) qui constituent l'appareil, l'armature, qui donnent les ordres et les consignes, et les militants de base, qui ne sont chargés que de les suivre et les faire suivre.

Sur la durée des 70 ans du régime soviétique on peut distinguer dans la nomenklatura quatre générations :

Les ouvriers et les paysans, si présents dans la langue de bois, s'ils figuraient dans les organes du pouvoir, c'était à titre "décoratif". Appartenaient à la nomenklatura les apparatchiks, les hauts fonctionnaires, les militaires, les hauts cadres des entreprises. Cette appartenance était assortie de toute une gamme de privilèges et d'avantages, surtout matériels : logement, approvisionnement dans les magasins spéciaux, meilleurs établissements scolaires pour les enfants, voyages à l'étranger. Cette partie de l'élite soviétique ("eux") n'était pas obligée de suivre les lois qui régissaient le reste de la population ("nous"). 

 

Corruption

Un autre point de contact entre "eux" et "nous" s'établit à travers la corruption qui est une caractéristique bien connue du régime et l'une des causes de son écroulement.

En 1976 paraît en France le livre du sociologue Ilya Zemtsov, professeur à l'Institut Lénine de Bakou en Azerbaïdjan, émigré en Israël en 1973, "La corruption en Union soviétique". Dans sa préface intitulée "Éloge de la corruption en Union soviétique", A. Besançon étudie les deux rôles que jouait, selon lui, la corruption en URSS. D'une part, elle servait le régime de deux façons. C'est grâce à sa souplesse que fonctionnait l'économie, les échanges entre les entreprises, l'approvisionnement. Par ailleurs, en démoralisant la population, la corruption la rendait d'autant plus docile, paralysant ainsi l'éventualité d'émergence d'une opposition. En réprimant la corruption, le gouvernement gagnait épisodiquement une certaine "popularité" auprès d'une société civile épuisée. Mais d'autre part, en ce qui concerne la société civile, la corruption était "une manifestation de la vie, d'une vie pathologique, mais qui vaut mieux que la mort". C'est dans la corruption et même dans la délinquance que les relations entre les hommes retrouvaient la réalité, échappaient à l'idéologie. C'était la victoire de l'individu, la manifestation de son autonomie. C'est dans la corruption qu'ont survécu sous le régime soviétique les lois du marché, de la concurrence, la notion de propriété. Tout cela uniquement sous forme tacite, qui évoque les pratiques de la mafia. Cette "manifestation de la vie" a pénétré les rangs du Parti, rendant d'autant plus invraisemblable ses fondements idéologiques. 

En 2002, nous connaissons le résultat de cette évolution du Parti communiste qui a conduit à l'effondrement du régime. La situation que vit la Russie depuis, semble plus claire à la lumière de cette analyse : les hommes qui ont pris le pouvoir en 1991 sont issus de la nomenklatura et formés à "l'école de la corruption". 

A l'opposé, la vérité et rien d'autre, montrée inlassablement par des individus courageux, a contribué également à l'écroulement du régime. 

 

 Dissidents

Ce terme s'emploie pour désigner les citoyens soviétiques qui s'opposaient ouvertement aux autorités ou qui pratiquaient une activité sociale non approuvée par les autorités. On donne ce nom aux participants du mouvement contre le régime totalitaire dans les ex républiques populaires à partir de la fin des années 1950. Les dissidents luttaient pour le respect des droits et des libertés de l'homme et du citoyen (правозащитники). Ils protestaient également contre l'entrée des troupes soviétiques en Tchécoslovaquie en 1968 et en Afghanistan en 1979.

Dans les rangs de la dissidence on trouve surtout les représentants des élites intellectuelles, savants, écrivains artistes, et de simples citoyens qui découvraient, souvent grâce au samizdat, les travers du régime. Souvent ils ont été emprisonnés, voire exterminés dans le goulag, expulsés, comme A. Soljenitsyne. 

Ce mouvement n'était pas issu des traditions libérales démocratiques de l'histoire russe, il n'empruntait pas non plus les idées des défenseurs des droits de l'homme en Occident. Il est né de l'expérience d'une vie vécue dans l'arbitraire, la cruauté et la violation des droits de l'individu au nom des "intérêts de la collectivité" ou de "avenir radieux de toute l'humanité". Sans violence, les dissidents demandaient le respect des lois existantes, des droits garantis par la constitution soviétique : liberté d'expression, d'association, de manifestation, non pas au nom de la collectivité, mais au nom de l'individu. Dans ce sens, ce n'était pas un mouvement politique, mais moral.

Les dissidents insistent sur l'importance déterminante des droits civils et politiques dans l'évolution de l'humanité, ce qui va à l'encontre du marxisme. Mettant ainsi en cause l'idéologie, ils seront férocement persécutés. Cependant, ces idées nées dans un cercle étroit d'intellectuels moscovites pénètrent rapidement toutes les couches de la population en URSS et trouvent la reconnaissance internationale. Au début des années 1980 les problèmes que rencontre A. Sakharov seront connus dans le monde entier.

 

Hommes et femmes de talent 

Les talents des personnes, sans qu'elles soit membres de la nomenklatura, étaient également utilisés par les autorités pour servir l'idéologie. Ceci est clairement exprimé dans un film documentaire diffusé en décembre 2001 sur la vie de la prestigieuse équipe de football du Dynamo de Kiev qui était au premier plan mondial à la fin des années 1970. Les joueurs étaient pris en charge totalement, à tel point que lorsque le plus célèbre d'entre eux, Oleg Blokhine a été autorisé à l'âge de 40 ans de jouer en Autriche, selon ses paroles, il devait "apprendre à vivre", apprendre à assumer les gestes de la vie de tous les jours, comme utiliser un compte bancaire. Ils avaient des avantages matériels sans commune mesure avec leurs homologues occidentaux, mais importants par rapport au niveau de vie de la population soviétique. Le revers de la médaille, c'était une étroite surveillance du KGB lors de leurs nombreux déplacements à l'étranger. Si l'idée de déjouer la surveillance et rester en Occident leur traversait l'esprit, ils n'osaient même pas à en parler entre eux, et la pensée des conséquences d'un tel acte sur leurs familles a fait qu'aucune tentative de fuite n'a jamais eu lieu. Détail qui a son importance : ce club relevait du Ministère de l'Intérieur et les jeunes gens étaient miliciens. 

L'histoire de ces sportifs n'est qu'un exemple qui illustre le désir du régime soviétique de montrer au monde ses réussites dans tous les domaines. A la fin des années 50, la réussite incontestable qui a enthousiasmé le monde entier, ce fut le 4 octobre 1957 le "bip-bip" du premier satellite artificiel, le Spoutnik. Moins de quatre ans plus tard, le 12 avril 1961, Youri Gagarine (1934-1968) effectue le premier vol spatial habité avec retour réussi, puis en 1963 c'est le vol de Valentina Terechkova, la première femme de l'espace. A l'origine de cette réussite, il faut citer un précurseur génial, Konstantin Tsiolkovski (1857-1935), qui, ayant lu Jules Verne, imagine dès 1903 non seulement les des fusées à plusieurs étages, mais aussi les stations orbitales et les vols vers les planètes !

Dans d'autres domaines des personnalités qui devaient également servir de vitrine au régime, ont pris les risques et demandé l'asile politique à l'Ouest. C'est le cas des danseurs Rudolf Noureïev (1938-1993), resté en France à la suite d'une tournée de la troupe du théâtre Kirov de Leningrad en 1961, et de Mikhaïl Barychnikov (1948), de Kirov également, a choisi la liberté au Canada en 1974.

 

 

 

La fin de l'U.R.S.S.

La perestroïka de Gorbatchev 

Chef de file des réformateurs au Comité central du Parti, devenu en 1985 septième secrétaire général (генсек), Gorbatchev ne se contente pas de remplacer quelques personnalités au sein de la nomenklatura comme le faisaient ses prédécesseurs. Il y introduit des changements significatifs qui se poursuivront durant les cinq années de son mandat, affaiblissant ainsi le système. La nomenklatura, monolithe depuis toujours comprend désormais deux groupes, l'élite politique et l'élite économique. En même temps l'élite politique se trouve considérablement rajeunie. 

En 1997 une étude de la chaire des Sciences politiques de l'Institut de l'aviation de Moscou fournit le tableau comparatif des âges sur 15 années :

  Hauts dirigeants Élite du Parti Élite  parlementaire Gouvernement Élite régionale Le milieu des affaires Age moyen
sous Brejnev 61,8 59,1 41,9 61 59 inconnu 56,6
sous Gorbatchev 54 54,9 44 56,2 52 inconnu 52,2
sous 
Eltsine
53,1 inconnu 46,5 52 49 42,1 48,5

19-21 août 1991

Au moment où débute la préparation de ce cours, la presse internationale évoque le dixième anniversaire de la disparition de l'URSS. A la disposition des linguistes, voici un document bilingue, dont la seule présence illustre le principal changement par rapport à l'époque soviétique : la liberté de l'information et la disparition de la langue de bois.

Chronologie du putsch manqué contre Gorbatchev
Три дня августа 1991 – хронология событий 
MOSCOU (AFP) - Il y a dix ans, un groupe de putschistes soutenu par le chef du KGB et le ministre de la Défense tentait un coup d'État contre le président soviétique Mikhaïl Gorbatchev et sa perestroïka.


- 19 août : A 07h20 (heure de Moscou), alors que le président soviétique Mikhaïl Gorbatchev est en vacances en Crimée (sud), l'agence TASS annonce qu'il est "incapable d'assumer ses fonctions pour raisons de santé" et est remplacé par le vice-président Guennadi Ianaiev. Celui-ci est à la tête d'un Comité pour l'instauration de l'état d'urgence. Le putsch est soutenu notamment par le chef du KGB Vladimir Krioutchkov et le ministre de la Défense Dmitri Iazov.
Les putschistes proclament l'état d'urgence pour six mois, le rétablissement de la censure, et font entrer les chars de l'armée dans la capitale.


12heures à 14 heures. Les blindés encerclent la Maison blanche siège du parlement.


Retranché dans le Parlement de Russie bloqué par les blindés, Boris Eltsine, élu deux mois plus tôt à la présidence de la république soviétique de Russie, appelle à la désobéissance civile et à la grève générale. Les bassins miniers de Russie, d'Ukraine et de Biélorussie cessent le travail.
Paris, Washington et Londres expriment leur inquiétude.


- 20 août : 100.000 personnes manifestent à Leningrad, tandis que 180 blindés font mouvement vers la ville. A Moscou, 50.000 manifestants autour du Parlement russe bravent le couvre-feu décrété en fin de soirée.
17 heures : Boris Eltsine annonce qu'il prend le commandement des forces armées en Russie.
La signature, prévue le 20 par Mikhaïl Gorbatchev, d'un nouveau Traité de l'Union qui devait réformer les relations entre les républiques soviétiques et le Kremlin vers davantage de fédéralisme et d'autonomie, est de facto annulée.


- 21 août : A Moscou des manifestants tentent d'arrêter les chars à coups de pierre et de cocktails Molotov. Trois jeunes manifestants sont écrasés par un blindé.
L'Estonie et la Lettonie proclament leur indépendance.
Le ministre de la Défense Dmitri Iazov ordonne aux soldats de rentrer dans les casernes.
Dans la nuit, Mikhaïl Gorbatchev, qui avait été isolé par les putschistes dans sa villa de Crimée, atterrit à Moscou. Il affirme "contrôler totalement la situation".


Sources : AFP, dimanche 19 août 2001 - 8h40 heure de Paris

L'Humanité hebdo - samedi 18 et dimanche 19 août 2001

События августовского путча развивались следующим образом:

Вечером 18 августа на даче в Крыму был блокирован президент СССР Михаил Горбачев. Дачу в Форосе посетили члены ГКЧП, которые предложили главе государства добровольно сложить с себя полномочия. Горбачев отказывается это сделать.

Утром 19 августа радио начинает транслировать обращение ГКЧП к советскому народу. Путчисты объявили о ведении чрезвычайного положения в некоторых районах СССР, приостановке выпуска большинства СМИ. Вице-президент СССР Янаев, якобы из-за болезни Горбачева, берет на себя обязанности главы государства.

В Москву введены войска и боевая техника. Около 12 часов несколько десятков танков приблизились к Белому дому правительства РСФСР. На Манежной площади собралось несколько тысяч человек, которые двинулись к Белому дому. Там к ним вышел президент РСФСР Борис Ельцин и с танка зачитал обращение к россиянам. Создание ГКЧП называлось государственным переворотом, а его члены - государственными преступниками.

Около 14:00 собравшиеся у Белого дома начали сооружение баррикад. Моссовет был взят под охрану войск, которые затем, по настоянию депутатов, были эвакуированы. Вечером прошли студенческие демонстрации в центре Москвы.

20 августа в Санкт-Петербурге (тогда Ленинград) утром начался грандиозный митинг на Дворцовой площади, вероятно, самый массовый в истории города.

С 12:00 у Белого дома начался санкционированный митинг (не менее 100 тысяч участников). Вечером в программе "Время" сообщили о введении в столице комендантского часа с 23.00 до 5.00. Люди ждали штурма Моссовета, которого так и не произошло.

21 августа около 1:00 в Москве, в тоннеле на пересечении улицы Чайковского и Нового Арбата, толпа блокировала восемь БМП Таманской дивизии. При нервно-хаотическом маневрировании БМП № 536 погибли три человека: Дмитрий Комарь, Владимир Усов, Илья Кричевский. К этому времени подчиняться указам ГКЧП отказывается большинство местных властей. Провал путча стал очевидным.

В 18.00 включены средства связи у "форосского узника" Михаила Горбачева. Самолет президента СССР, на борту которого были Крючков, Язов, Бакланов и Тизяков вылетел в Форос. Из "Внуково-2" в тот же день в Форос вылетел другой самолет. На его борту были Силаев, Бакатин, Руцкой, Примаков и 10 народных депутатов ВС РСФСР. В ночь на 22 августа на самолете российской делегации, летавшей в Крым, возвратился Горбачев с семьей. Еще до отлета он заявил, что полностью контролирует ситуацию.

Sources : Site web NTV.ru

Suite des événements 1991

- 22 août : Les putschistes sont arrêtés. L'un d'eux, le ministre de l'Intérieur Boris Pougo, se suicide selon la version officielle.
Alors que 100.000 Moscovites célèbrent l'échec du putsch dans les rues de la capitale, la statue de Felix Dzerjinski, le fondateur de la Tcheka, ancêtre du KGB, est déboulonnée sur la place de la Loubianka.

- 23 août : Boris Eltsine suspend la publication des principaux journaux communistes, dont la Pravda. Il signe un décret suspendant les activités du PC russe.

- 24 août : Le président Gorbatchev démissionne de son poste de secrétaire général du PCUS, et appelle le comité central du Parti à s'auto-dissoudre. Constitution d'un gouvernement provisoire.
Entre le 24 et le 31, l'Ukraine, la Biélorussie, la Moldavie, l'Azerbaïdjan, l'Ouzbékistan et le Kirghizstan proclament leur indépendance. D'ici fin octobre, toutes les 15 républiques soviétiques sauf le Kazakhstan et la Russie auront proclamé leur indépendance.

- 27 août : Mikhaïl Gorbatchev menace de démissionner si le Traité de l'Union n'est pas signé. 

- 29 août : Le parlement soviétique suspend les activités du PC et accepte de s'auto-dissoudre.

- 6 sept. : L'URSS reconnaît l'indépendance des trois républiques baltes.
Leningrad redevient Saint-Pétersbourg.

- 14 nov. : Le président soviétique Mikhaïl Gorbatchev propose la signature d'un nouveau document créant une Union des États souverains. Proposition rejetée le 25 par les républiques.

- 8 déc. : Les présidents de la Russie, de l'Ukraine et de la Biélorussie constatent que l'Union soviétique "en tant que sujet du droit international et réalité géopolitique n'existe plus".

- 21 déc. : Onze républiques soviétiques (sauf la Géorgie et les trois États baltes) signent à Alma Ata (Kazakhstan) un accord mettant fin à l'Union soviétique et créant la Communauté des États Indépendants (CEI). La Géorgie rejoindra la CEI ultérieurement.

- 25 déc. - Le président soviétique Mikhaïl Gorbatchev annonce sa démission.

 

 

Nouvelle Russie toujours "inachevée" ?

Le règne du "Tsar Boris"

En juillet 1991 Boris Eltsine est élu au suffrage universel au poste de président de Russie. Très populaire, il bénéficie d'un grand soutien de la population. 

 

Etat civilisé ?

 

 

 

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